La Suisse demande 970 millions de francs pour accélérer sa défense aérienne

Le Conseil fédéral suisse veut demander au Parlement un crédit supplémentaire de 970 millions de francs afin de sécuriser les capacités de production et les délais de livraison de futurs équipements de défense aérienne. L’enveloppe doit financer des acomptes pour des systèmes sol-air, un radar et des moyens de lutte contre les minidrones.

Avion de swiss
Avion de swiss — photo d’illustration.Geoprofi Lars

Le gouvernement suisse justifie cette demande par l’évolution de la menace et par la saturation du marché international de l’armement. Selon le Conseil fédéral, les capacités de production sont désormais mobilisées pour plusieurs années, tandis que les industriels exigent de plus en plus souvent des acomptes importants avant de lancer ou de sécuriser une production.

Le crédit supplémentaire doit accompagner les acquisitions prévues dans le cadre du message sur l’armée 2026. Il ne constitue donc pas, à lui seul, un nouveau programme d’armement indépendant, mais doit permettre à la Confédération de préserver des créneaux de production et des dates de livraison avant la validation définitive de l’ensemble des achats.

Quatre volets pour la défense sol-air

Sur les 970 millions de francs annoncés, 650 millions seraient consacrés à des acomptes pour la défense sol-air de moyenne portée. Une enveloppe de 250 millions est prévue pour la défense sol-air de courte portée.

Le dispositif comprend également 60 millions de francs pour un radar semi-stationnaire de moyenne portée et 10 millions pour des capacités de lutte contre les minidrones. La répartition présentée par le Conseil fédéral couvre ainsi plusieurs niveaux de la défense aérienne, des menaces de proximité aux systèmes destinés à surveiller et protéger un espace plus vaste.

Les autorités suisses estiment que les attaques à distance et les opérations hybrides figurent parmi les menaces les plus probables auxquelles le pays pourrait être confronté. Elles considèrent parallèlement que l’armée ne dispose pas encore de moyens suffisants pour assurer une protection complète du territoire, de la population et des infrastructures critiques.

Une demande encore soumise au Parlement

Le Parlement devra approuver le crédit supplémentaire avant que les acomptes puissent être engagés. Le financement est rendu possible, selon l’exécutif, par de meilleures prévisions de recettes fédérales, notamment grâce à une hausse attendue des recettes de l’impôt sur le bénéfice.

Cette procédure intervient alors que la Suisse prépare son programme d’armement 2026, pour lequel le Conseil fédéral avait déjà demandé environ 3,4 milliards de francs de crédits d’engagement. La défense aérienne s’inscrit dans une réflexion plus large sur la modernisation des forces armées et sur la capacité du pays à faire face à des délais industriels qui s’allongent.

Le gouvernement prévoit par ailleurs d’investir 100 millions de francs supplémentaires dans les prochaines années pour renforcer l’autoprotection de plus de 60 sites militaires. Ces mesures devront être mises en œuvre au plus tard au début de l’année 2029, sous réserve des décisions parlementaires nécessaires.

L’annonce ne préjuge pas du choix final de tous les équipements concernés. Elle vise d’abord à éviter que les contraintes industrielles et les paiements initiaux ne repoussent de plusieurs années des acquisitions jugées prioritaires par les autorités suisses.

À retenir

  • Le Conseil fédéral demande un crédit supplémentaire de 970 millions de francs pour sécuriser les livraisons de systèmes de défense aérienne.
  • 650 millions sont prévus pour la moyenne portée, 250 millions pour la courte portée, et 70 millions pour un radar et la lutte contre les minidrones.
  • Le Parlement suisse doit encore approuver cette enveloppe ainsi que les autres mesures de renforcement de la sécurité militaire.